
‘Pilier de Vie‘
Au départ, il s’agissait simplement d’une présentation pour les Hasselblads argentique. Vu que ces appareils photo, sont souvent rangés dans leur valise ou dans le coffre de ma voiture, toujours prêts à servir, ils ont fini par devenir bien plus que de simples outils. Ils sont devenus des « piliers » à part entière, des objets de réflexion.
Ils se sont imposés naturellement, comme une évidence. Parce qu’ils font partie de l’histoire. De mon histoire. Ils incarnent une période de vie, un passage, une époque où — comme je l’évoque dans la série 76/11 — je suis allé explorer d’autres horizons, notamment après la révolution numérique qui a profondément transformé la photographie.
Cette phase de transition m’a mené vers un tout autre univers : celui du béton et du ciment. Pendant près de dix ans, ces matières ont pris une place centrale dans mon quotidien, devenant presque un socle principal, une base, une préparation inconsciente vers une étape suivante : celle de l’architecture, avec un grand « A ».
C’est à ce moment que le chemin a croisé celui de ‘Chris’ — Christian Verhelst — Un Architecte, mais surtout un esprit rare. Une complicité unique est née entre nous 3: simplicité, ouverture, savoir, inventivité, compréhension mutuelle, développement…
Une période riche, vivante, inoubliable.
Comme dans toute histoire, il y a parfois des fractures. Des périodes d’absences. Une passion qui se tue un temps, avant de ressurgir ailleurs, autrement avec plus de charisme et de profondeur. Dans des domaines plus intimes, plus personnels. Des terrains d’expression que je choisis aujourd’hui de partager, avec ceux qui voudront bien les accueillir et tenter de les comprendre.
Ces « piliers de vie » symbolisent tout cela : les étapes, les renoncements, les renaissances.
Ils sont le fruit d’un long cheminement. Une libération. Une reconquête de la confiance et de la compréhension.
Et aujourd’hui, avec fierté, je les présente comme les témoins concrets de ces différents travaux… et de cette vie en mouvement.

Chaque colonne reflète la vie d’un être.
Une existence faite de continuités et de ruptures, de surfaces lisses et de zones de fracture.
Certaines parties se dressent, solides et pleines ; d’autres se fissurent, s’écartent, s’assombrissent avant de se rejoindre à nouveau.
Ces lignes verticales racontent la persistance, la résistance, la fragilité aussi — comme autant de trajectoires humaines.
Chaque colonne est un corps debout, marqué par le temps ; une présence qui garde la mémoire de ce qui a été vécu, éprouvé, reconstruit.
Dans leurs silences, dans leurs interstices, on devine les interruptions, les reprises, les renaissances.
Elles parlent de nous, de nos cycles, de nos passages.
De cette architecture intérieure que chacun bâtit, fissure, et réinvente tout au long de sa vie.


